9. Des trulli aux sassi

 » Ne loupez pas les trulli ! » : cette recommandation nous avait été donnée à plusieurs reprises lorsque nous évoquions notre virée dans les Pouilles.

En fait il est difficile de les manquer ces constructions typiques en arrivant dans la Valle d’Itria. Pour les géologues émérites (!)cette vallée est au coeur du plateau calcaire des Murge.

On a ainsi découvert les fameux trulli petit à petit en tournicotant autour d’Ostuni et de Cisternino.

Dans l’épisode précédent ( article 8), nous vous avions parlé de notre halte dans la jolie propriété de Jean-Paul.

Eh bien on y a laissé nos saccoches et avons suivi les sentiers bordés de murets de pierres sèches, longé les champs d’Oliviers, puis ( merci au guide Lonelyplanet spécial Pouilles !) emprunté un ancien canal reconverti en voie verte.

Dans les villes, depuis fin novembre les premiers marchés de Noël sont apparus, les arbres eux ne sont pas en reste …

La plupart des villes ou des villages sont perchés sur une colline.

Ostuni,  » un diadème d’un blanc nacré » dixit le guide….

Lorsque le vent souffle dans les branches de l’olivier, les verts se mélangent et c’est encore plus beau!

A Alberobello, inscrite au patrimoine mondial par l’Unesco, c’est presque l’indigestion : 1500 trulli sur la colline ouest de la ville !

Dans le Rione Monti, la plupart des trulli ont été transformés en magasins de souvenirs- pas toujours de très bon goût- et sont désertés à cette période de l’année.

Heureusement le quartier du Rione Ala Piccola est nettement moins touristique et ses 400 trulli sont souvent encore habités.

Installation technique ou artistique ? on ne saurait le dire.

Dans la Basilicate on rejoint la ville de Matera par un temps de chien. Il pleut et un vent « à décorner les boeufs » souffle. C’est Franco qui nous fait visiter l’appartement qu’il a rénové dans le sasso Barisano. Comme il est vaste, on peut même y garer nos vélos! On met un peu de temps à se réchauffer car la matinée et la nuit précédente- sous la tente-ont été fraîches.

Les sassi sont les anciennes habitations troglodytiques.

Matera a une histoire incroyable. Ce serait le troisième plus ancien peuplement du mondes. Déjà il y a 7.000 ans les grottes naturelles creusées dans le tuf amènent ses premiers habitants.

Un joli sentier descend dans les gorges puis remonte jusqu’à un belvédère mais il est momentanément barré en raison de travaux sur les murs de soutènement. Bien sûr, Mathurin brave l’ interdit…

La ville a connu guerres et invasions, prospérité florissante, puis tout se gâte lorsque l’équilibre entre population, ressouces alimentaires et économique se dérègle. Les habitants s’entassent dans les sassi dans des conditions déplorables. Le livre de Carlo Levi, dissident pendant la période fasciste et exilé dans la région,  » le christ s’est arrêté à Eboli » alerte l’opinion publique. Le cinéma (Pasolini, Mel Gibson viennent tourner à Matera) mais surtout le combat d’intellectuels, d’hommes politiques et d’artistes a permis de redécouvrir puis de faire revivre cette ville.

Pour 2019 Matera sera capitale européenne de la culture et déjà les préparatifs sont nombreux. Une exposition Dali est inaugurée le 2 décembre et certaines des oeuvres de l’artiste sont exposées dans les rues de la ville et une des églises rupestres.